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En retard sur le plan scientifique et technologique

L'Hebdo du Japon

Cet article est issu de la revue de presse l’Hebdo du Japon édité par la CCI France Japon, seule revue de presse francophone traitant de l’actualité japonaise.

Le gouvernement s’enorgueillit d’être « une nation scientifique de premier plan » et va lancer un fonds de 10 000 milliards de yens… Pour permettre à une recherche en berne de se redresser ? C’était l’une des premières annonces de M. Kishida en tant que Premier ministre, le 8 octobre 2021 : le premier pilier stratégique de la croissance, c’est l’avancée des sciences et de la technologie. Pour que le Japon puisse correspondre à cet idéal, le gouvernement cherche à faciliter l’embauche dans ces secteurs et a lancé un fonds universitaire de 10 000 milliards de yens. Cet investissement est très important, comparé aux niveaux mondiaux. Au Japon comme à l’étranger, en général, l’État utilise les sciences et la technologie dans un but économique.


Cependant, comparée aux autres pays, la puissance scientifique et technologique de l’archipel est sur une pente descendante depuis les années 2000. Au lieu de favoriser la croissance économique, elle la ralentit, au point que Tôyô Keizai utilise l’expression « pays en retard » pour désigner le Japon.

L’article se fonde notamment sur le nombre de thèses classées parmi les « 10 % des meilleures thèses du monde » pour déterminer les pays dont la recherche est plus avancée. Parmi ceux-ci, le Japon est le moins bien classé des membres du G7, à la 10ème place du classement mondial. Il a dégringolé d’une5ème place en 2007-09, jusqu’à atteindre ce rang en 2017-19. Cette hiérarchisation se fonde sur les chiffres du ministère de l’éducation.


L’étude des données sur la recherche a montré que plus un pays produisait de thèses par habitant, plus son PIB était élevé. D’après l’analyse proposée par M. Toyota, directeur de l’université de médecine de Suzuka, entre 2019 et 2021, le Japon était 36ème dans un classement du nombre de thèses par million d’habitants, et 24ème en PIB par habitant en 2020. Les dix pays en tête du premier classement ont également les dix meilleurs PIB par habitant en 2020.


Lorsque la recherche du pays se porte bien, un cercle vertueux se met donc en place : un PIB élevé appelle plus d’impôts, lesquels financent la recherche et les avancées technologiques bénéficient en retour au PIB du pays.
Concrètement, pour que le Japon puisse bénéficier d’un tel scénario, il faudrait que le gouvernement prenne d’abord des mesures pour stopper le déclin de la recherche, puis fixe des objectifs clairs afin de montrer la voie.

Source : Tôyô Keizai (14/05, 82-84)
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