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Incursions des GAFA dans le monde des jeux vidéo

L'Hebdo du Japon

Cet article est issu de la revue de presse l’Hebdo du Japon édité par la CCI France Japon, seule revue de presse francophone traitant de l’actualité japonaise.

Depuis mars 2022, Amazon rend accessible une centaine de jeux aux membres de son service Amazon Luna, pour 1270 yens par mois. La liste comprend des titres japonais célèbres de Capcom ou Sega. La plate forme permet de jouer sur toutes sortes d’interfaces, consoles et ordinateurs, mais aussi téléphones portables. C’est un pas de plus vers le gaming, depuis le rachat du site de diffusion de contenu en direct (streaming) Twitch en 2014.

Google s’implique également sur le marché du jeu vidéo avec sa plateforme de jeux à la demande Stadia, depuis 2019. Cependant, son entrée sur ce nouveau terrain a été brusquement refroidie en février 2021, lorsque le groupe a décidé de la fermeture de ses studios de création de jeux vidéos. Selon M. Hayashi, un expert interrogé par Tôyô Keizai, les entreprises d’informatique n’ont pas obtenu le succès escompté grâce au jeu à la demande.

Au contraire, certaines entreprises japonaises, telles que Nintendo ou Sony, tirent leur épingle du jeu, en proposant leurs titres les plus célèbres en exclusivité sur leurs propres consoles – respectivement la Switch ou la PlayStation.
Sony a créé son propre service de catalogue de jeux à la demande, PlayStation Plus. En mars 2018, celui ci comptait environ 34 millions de membres, et plus de 47 millions en mars 2022, soit une augmentation de 40 % en quatre ans.

Les utilisateurs semblent donc rejoindre telle plateforme plutôt qu’une autre, attirés par certains jeux ou consoles. Toutefois, du côté des développeurs, cette compétition pose des problèmes, car les exigences de qualité rendent les jeux de plus en plus complexes à créer. Les délais sont plus longs, les équipes plus fournies. Les bons profils sont recherchés et Capcom est ainsi reconnue pour ses salaires élevés.

Tout ceci conduit naturellement à une augmentation du prix des jeux vidéo. Sony et Nintendo, qui avaient d’abord fait leurs preuves sur leur propre terrain, ont pu par la suite créer des plateformes viables et populaires. Les entreprises d’informatique, venues tardivement et par le biais du jeu à la demande, n’ont pas rencontré le même succès, même après avoir tenté de lancer leurs propres titres.

Quoi qu’il en soit, Google et Amazon n’ont pas encore dit leur dernier mot. Le métavers s’invite dans le jeu vidéo, les diffusions de parties en direct se popularisent et les utilisateurs peuvent désormais créer leurs propres niveaux sur certains jeux : le domaine est en pleine expansion. Les géants de l’informatique peuvent encore revenir dans la partie, par exemple par l’acquisition de start-ups prometteuses.

Source : Tôyô Keizai (18/06, 74-76)
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