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La grave erreur de calcul de la Banque du Japon

L'Hebdo du Japon
Cet article est issu de la revue de presse l’Hebdo du Japon édité par la CCI France Japon, seule revue de presse francophone traitant de l’actualité japonaise.

L’Economist consacre son édition de la semaine à la chute du dollar, à travers des notions historiques et économiques. Au milieu de ce dossier, la professeure Noriko Hama, de l’université Doshisha, propose un article sur la banque du Japon (BoJ), l’assouplissement quantitatif et le yen.

Depuis sa nomination au poste de gouverneur de la banque du Japon, M. Haruhiko Kuroda s’est fait le chantre de l’assouplissement quantitatif à grande échelle. L’économie du pays en subit aujourd’hui les conséquences, les citoyens sont aux premières loges et leurs difficultés ne font que commencer.

Mme Hama ne mâche pas ses mots et dénonce un crime de la banque centrale vis-à-vis des Japonais. Elle compare la situation à celle de la bulle du Mississippi au 18ème siècle pour appuyer son propos. À l’époque, la banque royale avait soutenu financièrement la Compagnie du Mississippi, dans son projet de colonisation de cette région de l’Amérique. Le résultat avait été un échec monumental et le« premier krach boursier » de l’Histoire.
Dans les années 1920, l’Allemagne a connu une situation dramatique d’hyperinflation et la mauvaise gestion de sa banque centrale a contribué à l’empirer.
La banque du Japon elle-même a financé l’expansion de l’empire japonais avant-guerre et sa participation à la Seconde Guerre mondiale, par la production de bons du trésor. Après la défaite du pays, cette stratégie se retourna contre la population sous la forme d’une violente inflation.

Depuis les accords du Plaza en 1985 et la décennie perdue (entre 1991 et 2000), la situation économique et industrielle du Japon a beaucoup évolué. Les entreprises nationales ont délocalisé leur production, alors que le pays se repose de plus en plus sur l’importation. Mme Hama soupçonne M. Kuroda de ne pas réaliser que la donne a drastiquement changé.

Il faut cesser de considérer la faiblesse du yen comme une force du Japon, dans les institutions financières comme dans la population. La banque du Japon, aujourd’hui comme hier, est parfois considérée comme « une filiale du gouvernement ». L’experte craint que la communauté financière internationale ne finisse par tourner le dos au pays et à sa monnaie.

Source : Economist (21/06, 28-29)
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