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Un comité créé par

Panneaux solaires pour tous à Tokyo

L'Hebdo du Japon

Cet article est issu de la revue de presse l’Hebdo du Japon édité par la CCI France Japon, seule revue de presse francophone traitant de l’actualité japonaise.

Objectif « zéro émission [de gaz à effet de serre] pour Tokyo en 2050 ». Pour faire de cette vision une réalité, le département de Tokyo souhaite imposer à toutes les nouvelles constructions d’immeubles et de maisons sur deux niveaux de se doter de panneaux solaires sur leur toit. Cette proposition de Mme Koike, gouverneure de Tokyo, n’en finit pas de faire parler depuis décembre dernier.

Un comité s’est réuni en mai pour discuter du projet et partager les différentes opinions reçues au cours des mois précédents. Les clients potentiels sont inquiets : ces nouvelles installations feront monter les prix, rendant plus difficile un achat. Que faire si un immeuble plus haut est construit à côté ? Qui va payer les frais de maintenance ?
Qu’en pensent les vendeurs de panneaux photovoltaïques ? Eux non plus ne se réjouissent pas de ce projet. Certes, la demande va doubler, mais les producteurs ne pourront pas suivre la cadence. Il est également de plus en plus ardu de se procurer les semi-conducteurs nécessaires à une telle demande. Quant aux constructeurs eux-mêmes, ils estiment que la décision serait certainement positive pour l’environnement, mais les obligerait à travailler à perte.

Le secteur de la construction au Japon est malmené depuis la pandémie par le « wood shock » : le bois de construction manque et ne peut être acheminé à cause de la crise des containers, tandis que la demande s’envole en Chine et aux États-Unis. Le bois et les semi-conducteurs se raréfiant, les prix des matériaux sont en hausse, d’où l’accueil froid réservé aux panneaux photovoltaïques, générant un coût supplémentaire.

Les responsables de l’administration de Tokyo arguent des avantages économiques pour les consommateurs : en dix ans, les économies réalisées sur les factures d’électricité pourraient être un argument de vente. Mais le prix estimé de l’installation des panneaux (920 000 yens) risque de se mettre en travers du chemin des acheteurs potentiels. Les fabricants ou les constructeurs pourraient prendre en charge une partie du coût, en sacrifiant leurs propres bénéfices.
Si la mesure est rendue obligatoire, cette dépense supplémentaire se répercutera sur le prix de vente, et les logements modestes deviendront inaccessibles.

D’après les données récoltées par le département, sur l’aire urbaine visée par le projet, 85 % des toits sont susceptibles d’être dotés de panneaux solaires. Selon les constructeurs, le projet n’a ni queue ni tête, mais s’ils sont forcés d’appliquer cette mesure, ce sont certainement les consommateurs qui en feront les frais… Et tout le secteur de la construction, par la même occasion.

Source : Diamond (04/06, 12-13)
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