Cet été, j’ai eu la chance de retourner quelques semaines au Japon, dans ma ville natale d’Osaka. L’un des moments forts de mon séjour a été ma visite de l’Exposition universelle Osaka-Kansai 2025, le 8 août, juste avant la période de l’Obon. J’avais un billet pour l’après-midi, et malgré la chaleur redoutable de l’été japonais, j’étais impatiente de découvrir ce grand événement mondial… dans ma propre ville.
Depuis le parking, une navette m’a emmenée jusqu’à l’entrée Est du site. Le personnel à bord annonçait avec entrain les temps d’attente des pavillons et la température du jour (très utile… mais un peu décourageant vu la météo !). À peine arrivée, j’ai vu une file d’attente impressionnante devant la boutique de souvenirs de Myaku-Myaku, la mascotte officielle, très populaire auprès des visiteurs de tous âges.
Mais ce qui m’a tout de suite frappée, c’est le grand anneau en bois qui entoure le site, récemment inscrit au Guinness des records comme la plus grande construction en bois au monde. Sous ses arches, l’air circulait étonnamment bien. Beaucoup de visiteurs s’y abritaient, discutant à l’ombre ou prenant des photos. J’ai pris quelques minutes pour respirer, observer et me laisser porter par l’ambiance joyeuse mais paisible du lieu.
Coup de cœur pour le Pavillon France

Ma première destination fut, sans hésitation, le Pavillon France. Dès l’entrée, j’ai été saisie par une immense tapisserie réalisée par la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson, représentant une scène de Princesse Mononoké. J’ai été profondément touchée. Les couleurs, les détails, la finesse du tissage… tout était d’une beauté saisissante. C’était la première fois que je voyais une tapisserie contemporaine aussi vivante. Elle semblait presque respirer.

La suite de l’exposition m’a plongée dans un autre univers : celui de Louis Vuitton. Dans une salle aux murs couverts de miroirs, 85 malles étaient exposées, et les visiteurs prenaient des photos sous tous les angles. En me penchant sur certaines, j’ai découvert des vidéos montrant les étapes de fabrication. Ce regard sur l’artisanat traditionnel français m’a rappelé que derrière ces objets de luxe se cache un véritable savoir-faire.
Juste après, une vidéo de danse contemporaine était projetée sur un immense écran. Présentée par AXA, elle montrait trois danseurs évoluant sur le toit du Centre Pompidou, avec Paris en toile de fond. J’ai trouvé cette séquence très puissante, presque hypnotique. Elle m’a donné envie de redécouvrir certaines œuvres modernes que j’ai peut-être trop vite oubliées.
L’olivier millénaire & les vins d’Alsace

En poursuivant la visite, je suis arrivée dans une cour intérieure où se dressait un immense olivier. Planté par la société NINA PHARM, il portait un nom impressionnant : L’arbre de la jeunesse éternelle – Zeus. Il aurait plus de mille ans. Ce chiffre m’a laissée sans voix. Des enfants s’en approchaient en chuchotant, les adultes prenaient des photos. Il régnait une sorte de respect silencieux autour de cet arbre. Comme si, tout à coup, le temps s’était ralenti.

Un peu plus loin, j’ai découvert l’espace dédié aux vins d’Alsace. Une grappe géante brillait dans la pénombre, entourée de raisins en exposition. J’ai pensé qu’il aurait été intéressant d’y intégrer un petit parcours olfactif, pour sentir les arômes des cépages. Cela aurait rendu l’expérience plus sensorielle… mais peut-être est-ce prévu plus tard ?
Dior & patrimoine en reconstruction

Dans la section Dior, ce sont 400 toiles blanches qui occupaient l’espace. Des robes, des détails, des volants : tout était présenté comme un travail en cours, un hommage au geste du créateur. J’ai beaucoup aimé cette mise en scène minimaliste, très poétique.

Enfin, deux maquettes m’ont particulièrement émue : Notre-Dame de Paris et le château de Shuri à Okinawa, tous deux gravement endommagés par des incendies en 2019. Voir côte à côte ces deux symboles, français et japonais, en pleine reconstruction, m’a rappelé que la culture et l’artisanat sont des ponts puissants entre les peuples. Même les tragédies peuvent devenir des espaces de collaboration et d’espoir.
Un dialogue respectueux entre deux cultures
À la fin de ma visite, je me suis sentie à la fois touchée, inspirée et fière. Le Pavillon France ne se contentait pas de présenter le savoir-faire français. Il témoignait aussi d’un respect sincère pour le Japon et sa culture. Dans cette rencontre entre tradition et innovation, j’ai vu un dialogue à double sens, nourri d’admiration réciproque.
Sara,
Stagiaire au CEFJ












